Apprendre les TCC

Découvrir les Thérapies Comportementales, Cognitives et Emotionnelles

Les principaux biais cognitifs

On parle de biais cognitifs ou de distorsions cognitives. Ils agissent comme des filtres, la personne ne va valider que ce qui va dans le sens du filtre.
 
« Les erreurs systématiques maintiennent chez les personnes leurs croyances de base en dépit de la présence d’éléments concrets contradictoires »
A.T. Beck
 
Biais Description Exemple
Abstraction sélective On a tous tendance à ne retenir qu’un détail d’un événement et l’interpréter hors de son contexte.
On va aider la personne à se remémorer d’autres éléments de la situation pour qu’elle ait une vision plus contrastée et équilibrée des choses.
On attend ce qui est prédit (ex : faire une attaque de panique dans le train). Si la prédiction est vraie « je le savais bien ». Si la prédiction est fausse : elle est ignorée ou détournée : « c’était un coup de chance ».
Untel a renversé son verre sur moi : la soirée était nulle !
(Alors que pourtant on s’amusait).
Disqualification du positif Transformer une expérience neutre ou positive en un vécu négatif. C'est une sorte d'alchimie inversée : on transforme l'or en plomb. Exemple (sentiment d'imposture) :
Ces compliments ne comptent pas vraiment car ils ne savent pas qui je suis réellement... 
Inférence arbitraire (conclusion hâtive) Conclusions tirées sans preuve évidente et on y adhère sans même s’en rendre compte.
Cela impacte ses pensées, ses comportements et donc le maintien des troubles.

Cas particuliers :
lecture des pensées (divination) : lorsqu'on croit connaître les pensées d'autres personnes en se basant sur des indices peu signifiants.

erreur de voyance : faire des prédictions sur le futur et y croire fortement.
Exemple chez une personne dépressive :
Je vais rester seul(e) toute ma vie !
Il n'a pas croisé mon regard, il doit penser que je suis indigne de confiance !
Le prochain traitement ne marchera pas mieux que le premier, c'est certain !
Personnalisation Relier des évènements particuliers à sa propre personne.
Cela est très fort lorsqu’on est enfant, cela fait partie de notre développement. Cela peut être très exacerbé dans des pathologies.
Chez des personnes très angoissées par exemple.
Il nous arrive à tous également de prendre nos rêves pour des prémonitions. La notion d’être plus ou moins en phase avec la réalité est à concevoir comme étant sur un continuum.
Ce qui arrive est de ma faute !
Or il y a peut-être plein de raisons qui expliquent cela.
Maximisation du négatif / minimisation du positif Ne retenir que les évènements négatifs (dramatisation) et négliger les positifs, exagérer ses erreurs et minimiser les points forts.
Tendance à ne se souvenir que des feux rouges et pas des verts… Des jours de pluie et pas du beau temps.
Chez les personnes dépressives ce biais va être très fort.
J’ai échoué à cet exercice, je suis vraiment un raté, un bon à rien du tout !
J’ai trouvé la solution au problème mais c’était un simple coup de chance.
Raisonnement dichotomique Loi du tout ou rien, sans nuance intermédiaire.
Plus on sera dans des situations qui touchent à nos zones de vulnérabilité, plus on raisonne de façon dichotomique.
Si une situation n’est pas sûre à 100 % elle est forcément dangereuse.
Si je sens des palpitations, alors je vais faire un infarctus.
Raisonnement émotionnel Considérer ses sentiments comme des preuves. Si je suis angoissé tout le temps, c’est bien la preuve qu’il y a quelque chose qui ne va pas.
Si je suis attiré, c’est que cette personne cherche à me séduire.
Surgénéralisation Règle générale édictée à partir d’un fait spécifique. Elle n’a pas voulu sortir avec moi. Je sais bien que je n’arriverai jamais à sortir avec une fille.
Fausses obligations ("musturbation") Se fixer arbitrairement des buts à atteindre.
On a tous des règles de fonctionnement dont on n’est pas toujours conscient. Ce système va favoriser certaines actions.
Quand le patient a l’impression de modalités de choix restreintes il faut essayer de trouver ses règles sous-jacentes.
Je dois, il faut que…
Je dois absolument faire tout le ménage chez moi aujourd'hui.
Etiquetage Jugements définitifs que l’on pose sur soi-même ou sur les autres.
Manière de catégoriser, de stigmatiser.
Cette personne est un monstre !
Je suis complètement nul !

Nous avons tous des biais cognitifs à différents degrés. Un certain degré de chaque biais peut être fonctionnel, mais trop peut entrainer ou agraver des pathologies.
L’idée n’est pas d’avoir une approche totalement scientifique et parfaite de tout,
mais d’éviter une trop grande rigidité.

La restructuration cognitive employée dans le cadre d'une thérapie cognitive permet justement de réintroduire de la souplesse en remettant en cause ces biais grâce à un questionnement socratique

Sources

Les informations de cette page sont une synthèse inspirée notamment des sources suivantes :
  • Cours de licence de Psychologie (L2) de Mme Patricia Tassi, Université de Strasbourg, année 2014-2015.
  • Cours de licence de Psychologie (L3) de Mme Fanny Reder et Aurélie Fritsch, Université de Strasbourg, année 2015-2016.
  • Ouvrage de référence : "Les psychothérapies comportementales et cognitives", Jean Cottraux, Eds Elsevier-Masson
Etudiant responsable de cette page et synthèse : Matthieu FERRY

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