Apprendre les TCC

Découvrir les Thérapies Comportementales, Cognitives et Emotionnelles

Identifier les cognitions ou pensées automatiques

Les pensées automatiques (PA), sorte de voix intérieure, sont conscientes ou préconscientes, le patient les découvre s'il se concentre sur les moments où il ressent de l'émotion. Ces pensées précèdent et induisent l'émotion.

Les PA rapportées par les différents patients de Beck présentent de grandes similitudes :
  • Elles sont ignorées si on n’a pas appris à se concentrer sur elles, elles nécessitent donc un certain « focus attentionnel » pour être détectées.
  • Plus les patients sont perturbés, plus les PA sont évidentes.
  • En général elles plutôt spécifiques à la situation et discrètes.
  • Leur style est télégraphique.
  • Elles sont acceptées comme valables par les patients et ne sont pas questionnées.
  • Elles sont spécifiques à un patient donné, mais aussi à d’autres patients présentant le même diagnostic.
«La façon dont une personne s’écoute ou se donne des instructions, se félicite ou se critique, interprète les événements et fait des prévisions, explique non seulement son comportement normal, mais éclaircit aussi le fonctionnement interne dans les troubles émotionnels. »
A.T. Beck

Elles sont en général recherchées dans l’analyse fonctionnelle, mais également tout au long de la thérapie puisque c'est l'une des tâches essentielles du travail cognitif.

Ces pensées automatiques sont en lien avec des représentations mentales à propos de la personne et du monde extérieur qui, elles, sont inconscientes : les schémas.

Le patient n’arrive pas à dormir.
  • Emotions : peur, anxiété, colère. 
  • Pensées : Demain je vais être dans un état épouvantable.
  • Cette expression ne parle pas de colère. Qu’est-ce qui vous met en colère ?. -Ca me met en colère que ma femme dorme comme un loir.
Ces pensées automatiques n’ont rien à voir avec l’inconscient freudien, car on peut les mettre à jour et les identifier, notamment en se focalisant sur l’émotion.
  • Je ne vais encore pas dormir ce soir (anticipation)
  • Demain je serais complètement HS (anticipation)
  • D’ailleurs, si je n’ai pas mes 8h, je n’arrive pas à fonctionner correctement (croyance dysfonctionnelle)
Voici une vidéo créée par le cabinet Chrysippe illustrant au travers d'une situation particulière, un rendez-vous galant, les nombreuses pensées automatiques, souvent négatives, qui nous traversent au quotidien.

Parfois ce ne sont pas les pensées automatiques en elles mêmes qui sont dysfonctionnelles, ça peut être l’interprétation négative qui en est faite en fonction du schéma cognitif activé qui la rend dysfonctionnelle.
 
Un jour, vous rentrez chez vous et vous avez juste envie de vous affaler dans le canapé et de regarder la télé pour vous détendre de votre journée de travail. À ce moment précis, vous n’acceptez pas cette idée de vous détendre en l’interprétant comme mauvaise en vous disant :

Si je veux me détendre ça veut dire que je suis fatigué et si je suis fatigué à cette heure-ci ce n’est pas normal, ça veut dire que je suis dépressif !
Ce refus de la pensée automatique va créer des ruminations anxieuses.

Identifier les cognitions

Par exemple par :
  • un questionnement direct ;
  • par l’imagination, par exemple via un jeu de rôle ;
  • par auto-enregistrement avec les colonnes de Beck.

Questionnement direct :

 Est-ce que vous pouvez me dire les pensées que vous aviez en tête lorsque c’est arrivé ? 
On va aider le patient à orienter le projecteur vers ce qui s’est passé au niveau cognitif. Plus la situation va être présente à l’esprit du patient, plus ce que rapporte le patient va être juste.
Souvent on se sert également des émotions qui indiquent que le patient a des jugements sur ce qu’il ressent sur ses pensées et comportements.

Imagination / jeu de rôle :

L’idée est de permettre au patient de revivre ce qu’il a vécu pour pouvoir nous rapporter le plus exactement possible ses pensées liées au moment visé.

Les colonnes de Beck

Demander aux patients d’identifier ses pensées automatiques et de coter l’intensité de ses émotions qui vont avec grâce aux 3 colonnes de Beck :
Situation Pensées Emotion
Le soir au coucher Il me faut mes 8h sinon je ne suis pas fonctionnel Anxiété (8/10)

La restructuration cognitive consiste à rechercher des pensées alternatives
grâce aux 5 colonnes de Beck :
Situation Pensées Émotion Pensées alternatives Émotion
Le soir au coucher Il me faut mes 8h sinon je ne suis pas fonctionnel Anxiété (8/10) J’ai déjà réussi à fonctionner avec moins que ça. Anxiété (3/10)
 
C’est le patient qui doit apporter la preuve à ces pensées alternatives. 
  • Au sein de mes pensées, quel est le problème ?, De quoi ai-je peur exactement ?.
  • Est-ce vrai et si c’est vrai, est-ce grave ?, Dans mon expérience que s’est-il passé dans des situations identiques ?
Voir une adaptation des colonnes de Beck à la prévention de la rechute de la consommation de Tabac.

La décentration

  • Décentration de personne : Que penserait X dans cette situation ? Qu’aurais-je pensé s’il s’agissait d’une autre personne ?
  • Décentration de lieu : Est-ce que je penserais la même chose en présence d’autres personnes ou ailleurs ?
  • Décentration de temps : Aurais-je pensé la même chose il y a 10 ans ou quelle sera l’importance de ça dans 10 ans ?
Prendre l’habitude de trouver des alternatives réalistes et introduire une distance pour regarder les choses différemment.

Il y a toujours plusieurs perspectives sur une même réalité. Plus on voit la chose de loin, plus on la voit dans son intégralité.

Sources

Les informations de cette page sont une synthèse inspirée notamment des sources suivantes :
  • Cours de licence de Psychologie (L2) de Mme Patricia Tassi, Université de Strasbourg, année 2014-2015.
Etudiant responsable de cette page et synthèse : Matthieu FERRY

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