Apprendre les TCC

Découvrir les Thérapies Comportementales, Cognitives et Emotionnelles

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Colloque : Les émotions en psychothérapie - Théorie et pratique

Colloque : Les émotions en psychothérapie - Théorie et pratique
L'Association Picarde de Pratiques Cognitives et Comportementales (APPCC) organise son 14ème colloque le 8 décembre prochain à Amiens.

Cette journée sera dédiée aux émotions dans la pratique psycho-thérapeutique.

Quelques mots-clés de cette journée :
  • Attention
  • Pleine conscience
  • Flexibilité psychologique
  • Approche transdiagnostique (processuelle)
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Protection de la santé psychique des thérapeutes

Protection de la santé psychique des thérapeutes
Dans le cadre de ses "journées d’automne" les 24 et 25 novembre 2017, l'AFFORTHECC propose une réflexion sur la protection de la santé psychique des thérapeutes.
  • La première journée sera un atelier « Présence et flexibilité dans la relation thérapeutique » proposé par le Dr Ph. VUILLE (Neuchâtel).
  • La seconde journée sera un atelier « L’anxiété des soignants et la prévention du burn out » proposé par le Dr D. SERVANT (Lille).

Marie, 37 ans, étudiante en M2 à Nîmes

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie, j’ai 37 ans et je viens de Perpignan. J’aime le sport (natation, jogging, fitness), les activités de pleine nature (randonnée, kayak) et les voyages. Je pratique également le yoga et la méditation depuis plusieurs années (gérer son « feu » et son stress demandent engagement et patience n’est-ce pas ?). Je suis dynamique, curieuse, j’aime les challenges et les découvertes. Je travaille depuis 15 ans dans le domaine médico-social car j’aime me rendre utile envers des publics en difficulté, que ce soit dans les champs de la  santé mentale, du handicap et du social.

Quelle est votre formation initiale ?

J’ai une formation initiale assez atypique car « itinérante » : suite à ma 1ère année de L1 à Montpellier, j’ai vécu 3 ans en Italie, puis suite à diverses expériences de travail et de volontariat, j’ai passé mon diplôme d’éducateur spécialisée et une licence sciences de l'éducation obtenus en 2009 à Montpellier. Après quelques années d’exercice, j’ai repris mon cursus de licence de psychologie à distance en même temps que je travaillais, j’ai pris le temps. J’ai validé ma L2 auprès de l’Université Blaise Pascal à Clermont Ferrant, et validé ma L3 auprès de l’Université Jean Jaurès à Toulouse.

Qu’est-ce qui vous a motivée à apprendre les TCC ?

J’ai été passionnée par les contenus de formation en L2 et L3 qui étaient intégratifs et donc riches d’enseignements car ouverts à plusieurs approches théoriques (psychanalytique, TCC et systémie). Mon esprit cartésien, mon appétence pour la pratique de la Mindfulness et méditation, mon goût pour la prévention, l’animation de groupes et la psychoéducation dans l’ici et maintenant, m’ont définitivement amenés à choisir une spécialisation TCC, proche de mes convictions et de la façon dont je souhaite exercer par la suite en tant que thérapeute clinicien.

Quelle(s) formation(s) suivez-vous/avez-vous suivie(s) pour apprendre les TCC ? 

Suite à ma licence, j’ai présenté les auditions d’entrée au Master de Psychologie Clinique et Psychopathologie en TCCE à l’Université de Nîmes. J’ai eu la chance et la joie d’y être admise ! J’y ai suivi mon Master 1 et mon actuel Master 2. Ma bonne étoile fut encore là lorsque j’ai eu la chance d’obtenir un financement CIF CDD pour mon M1, car j’ai un statut de formation continue (gros budget pour se former !). Cette année mon M2 est couvert par le Pôle Emploi avec un statut de stagiaire formation pro (parcours de reconversion pro antérieur qui a été reconnu et validé), ce qui m’a permis d’obtenir pour mon auto-financement cette année un abattement financier rendant ma fin de parcours réalisable !

J’apprécie cette fac car elle est à taille humaine, nous avons une petite promo de 20 à 25 étudiants. Les enseignants sont très abordables et leurs cours sont de grande qualité. Ce Master est de double orientation : clinique et recherche. C’est pourquoi l’anglais y est privilégié (nos cours d’épistémologie sont en anglais). Le niveau est assez soutenu, n’étant pas scientifique j’ai dû apprendre la méthodologie du mémoire de recherche, me replonger dans mon anglais et me refamiliariser avec les attendus universitaires actuels. Je recommande ce master car nous faisons aussi beaucoup de jeux de rôles et les intervenants extérieurs de TD sont des psy et neuropsycho en exercice, ce qui rend l’échange d’autant plus riche.

Quelles autres formations comptez-vous suivre ensuite ?

Je souhaite me former par la suite aux thérapies ACT (cet hiver, session 1 à Paris). Je souhaiterais aussi d’ici 2 ans enclencher un DU de TCC pour approfondir mes compétences et connaissances dans ce champ, pouvoir former de futurs étudiants. Je suis également intéressée par une formation complémentaire à l’application des Thérapies des Schémas de Young ainsi que la Thérapie Dialectique de Linehan. La formation en EMDR m’intéresse aussi. Le plus dur sera de budgétiser tous ces projets de formation !

Y a-t-il un public et/ou une pathologie particulière qui vous intéressent ?

J’aime travailler aussi bien auprès d’adultes que de familles, adolescents et enfants. Mais je crois qu’un DU spécialisé en Pédopsy serait le bienvenu, car nos contenus de formation sont plus orientés vers une population adulte. J’apprécie les domaines de l’insertion, de l’addictologie, de la psychiatrie. Je me verrais bien également en SESSAD, Itep, foyer d’hébergement pour adultes, CHRS, clinique ou milieu hospitalier.

Y a-t-il un stage que vous avez effectué et qui vous a particulièrement marqué ?

Oui j’ai particulièrement apprécié un stage en milieu pénitentiaire (pôle addicto), ainsi qu’en centre de rééducation fonctionnelle pour enfants et ados porteurs de lésions cérébrales acquises. J’adore mon stage actuel (co-animation de groupes d’ADS auprès d’ados en libéral), et j’ai hâte de débuter le prochain en service d’addictologie en milieu hospitalier :-)

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui démarre un cursus en TCC ?

Oh que oui ! si je devais faire un tour dans la machine à remonter le temps, je crois que j’aurais beaucoup plus anticipé mes recherches de stage en M1 (d’autant plus qu’il est difficile de trouver des tuteurs de stage formés aux TCC). En M2 j’ai été prévenante mais cela n’a pas suffit à réaliser mes souhaits : le Sud est un peu bouché, si possible ne pas hésiter à bouger ailleurs ! Cet été j’ai anticipé mon mémoire de M2 et vraiment, s’organiser en amont et éviter de procrastiner font gagner en temps et donc en sérénité pour aborder l’exigence des contenus de dernière année. Enfin, je dirais : l’importance de s’ouvrir à d’autres approches car sur le terrain on bosse en équipe pluridisciplinaire parfois avec des psys d’autres formations. La TCC est encore souvent mal perçue, mais au contraire il est important de la diffuser, la faire connaitre et travailler en complémentarité.

Que pensez-vous de notre initiative de créer un site sur les TCC ?

C’est super, j’utilise pas mal votre site ! super idée de nous rassembler, échanger nos outils, lectures et communiquer ensemble. A quand une rencontre inter-universitaires d’étudiants master TCC ???

45ème congrès annuel de TCC

45ème congrès annuel de TCC
Du 14 au 16 décembre 2017 aura lieu à la Maison de la Chimie à Paris le 45ème congrès annuel de TCC organisé par l'AFTCC.

Le programme de cette année s'annonce varié et intéressant, on peut toutefois regretter le tarif relativement élevé proposé aux étudiants : 110€, hors repas, hors ateliers et hors frais de déplacement / logement pour les non parisiens...

Un cours en ligne (MOOC) pour comprendre les addictions

Un cours en ligne (MOOC) pour comprendre les addictions
L'Université de Paris Sud lance un cours intitulé "Comprendre les addictions" sur la plateforme française "FUN" début novembre 2017.
Les enseignants sont le professeur Michel Reynaud (Professeur à l'Université Paris Sud, Faculté de Médecine, Hôpital Paul Brousse, Département de Psychiatrie et d'Addictologie. Président du Fonds Actions Addictions) et le docteur Laurent Karila, Psychiatre, Addictologue (Hôpital Paul Brousse, Université Paris Sud).
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Nicolas Brandt, psychologue clinicien en unité d’hospitalisation publique ouverte pour adultes

Quelle est votre profession et où exercez-vous ?

Je suis psychologue clinicien. Je travaille à temps plein dans une unité d’hospitalisation publique ouverte pour adultes. J’y pratique la psychothérapie auprès de patients hospitalisés pour des troubles psychiatriques variés et gérables en unité ouverte (donc moins lourds qu’en unité fermée) ainsi qu’auprès de patients consultant en ambulatoire et dont les pathologies, variées elles aussi, se rapprochent de celles rencontrés par des psychologues libéraux. J’anime également des groupes thérapeutiques ouverts au tout-venant au sein de l’unité et notamment un groupe d’affirmation de soi.

Quelle formation avez-vous suivie pour apprendre les TCC ?

J’exerce ce métier depuis octobre 2015, soit un an et demi au moment d’écrire ces lignes. Il s’agit là de mon premier poste après mon diplôme obtenu en juin 2015. Je pratique les TCC depuis la même époque puisqu’il s’agit de ma formation initiale. J’utilise les TCC lorsque la situation s’y prête et pratique autrement une thérapie proche de l’approche dite intégrative, c’est pourquoi j’espère pouvoir me former à d’autres types de thérapie au cours de ma carrière pour enrichir ma pratique dans ce sens.

Qu’est-ce qui vous a motivée à apprendre les TCC ?

J’ai immédiatement été séduit par le pragmatisme, le langage clair et l’accessibilité des TCC dès que j’en ai entendu parler au cours de ma licence. Lorsque j’ai appris qu’au moment où serait venu le temps pour moi de choisir un master, une formation spécifique aux TCC verrait le jour, je n’ai pas hésité. L’idée de me former à une approche « à la mode », rare et donc courue sur le marché du travail n’a bien sûr pas été pour me détourner.

Quelle formation avez-vous suivie pour apprendre les TCC ?

J’ai fait partie de la première promotion du master TCC de Strasbourg. Il s’agit d’une formation initiale universitaire en 2 ans, au tarif donc d’une formation universitaire de master, soit à peu près 500 euros par an. C’est une formation professionnalisante qui a le mérite d’être exhaustive dans le domaine puisqu’elle est très spécifique et se focalise uniquement sur les TCC. Elle propose donc un enseignement riche et complet de la discipline, et elle m’a initié à certains sujets pour lesquels j’ai développé un intérêt fort par la suite (thérapie des schémas, et troisième vague, notamment). Je la conseillerai donc à toute personne désireuse d’apprendre les TCC et de se spécialiser dans la matière pour un coût bien inférieur aux formations des instituts privés (bien sûr, il faut pouvoir suivre une formation à temps plein à la faculté). La promotion y était sympathique et le corps enseignant, composé majoritairement de professionnels, très enrichissant. Si vous voulez par contre d’une formation plus polyvalente, un autre master vous correspondra sans doute mieux.

Est-ce que la pratique des TCC est conforme à l’idée que vous en aviez avant de vous former ?

Non, assurément. Les livres et les situations travaillées en cours font état de dialogues parfaits et finement huilés, de patients purs, motivés, compliants et à l’insight puissant, avec lesquels les protocoles se déroulent sans accroc ou presque. La réalité de la rencontre avec le patient est (heureusement ?) bien différente. Elle est plus surprenante et répond rarement à l’idée qu’on s’en était fait à partir des livres. Les protocoles précis que l’on a en tête viennent souvent s’écraser contre les singularités de la personne et de la souffrance. Il nous faut alors nous adapter à chaque situation, à chaque problématique souvent bien plus complexe que les cas cliniques auxquels on se réfère dans les manuels. C’est très désarçonnant au début. 

Je crois par ailleurs que les formations, et plus spécifiquement en TCC où l’implication technique du thérapeute est importante ; nous enseignent malgré elles et à leur corps défendant un volontarisme difficilement compatible avec la réalité du terrain. On veut faire, on veut contrôler, on veut mettre en place des techniques, guérir, sauver.

Et l’on s’y casse les dents car je crois qu’il faut en réalité autant se laisser faire que faire. La thérapie s’apparente plus, telle que je la conçois aujourd’hui, à de la planche à voile où l’on suit le vent et se dirige avec lui, qu’à de la mécanique de précision où tout est contrôlé et calculé, comme on peut se l’imaginer au début. J’ai beaucoup douté d’ailleurs en débutant, et je doute encore. Pourquoi n’arrivé-je pas à mettre en pratique cette technique ? Pourquoi cet échange ne va-t-il pas où je le souhaite ? Qu’est-ce que je fais de mal pour que ma séance 6 ne ressemble en rien à ce à quoi la séance 6 est censée ressembler ? Puis petit à petit, j’ai appris à lâcher prise, à être plus posé, plus dans l’écoute et la réception de ce que l’autre me renvoie, et les techniques se présentent d’elles-mêmes quand elles sont nécessaires.

Quel est l’outil ou la technique de TCC qui vous semble la plus indispensable dans votre pratique quotidienne ?

J’ai de plus en plus tendance à penser que c’est autant la relation que les techniques qui aident le patient. Sans confiance, sans authenticité, sans humanité, sans acceptation inconditionnelle de l’autre, sans bienveillance entre les deux protagonistes, rien ne peut se faire. C’est donc naturellement que ce sont les techniques d’alliance thérapeutique qui me servent le plus. La reformulation, les reflets, l’écoute active, toutes ces petites choses qui donnent à l’autre le sentiment que vous êtes là, présent avec lui et à son écoute. On en ressent vraiment les effets.

J’ai toujours en tête également, et de façon complémentaire avec ce que j’ai dit au-dessus le concept de cette balance entre empathie, authenticité, et chaleur, d’un côté et le professionnalisme de l’autre qu’il est primordial de maintenir tout au long de la thérapie et qui nourrit et protège la relation.

Enfin, la psychoéducation me paraît très importante également. Mais pas uniquement des pathologies, mais aussi du fonctionnement des émotions, des pensées, de la conscience. Les patients sont souvent perdus avec ce qu’ils vivent et pouvoir des fois donner un petit peu de sens à leur expérience au travers de concepts simples, cela peut apporter beaucoup de réconfort. Une phrase que j’utilise beaucoup pour illustrer ça est « C’est normal. ». C’est normal d’être en détresse lorsque l’on ressent cela, c’est normal de souffrir dans ces conditions, c’est normal de penser comme cela dans ces conditions, avec cette affliction. C’est normal d’être humain et vous avez le droit.

Factuellement, comment s’organisent vos relations avec les autres professionnels de santé et vos collègues « psy » ?

Quelques regards noirs échangés au cours des réunions et un crachat au visage au détour d’un couloir lorsqu’il nous arrive de nous croiser... Non, plus sérieusement, elles s’organisent dans le calme, le professionnalisme, et parfois même, croyez-le ou non, dans la cordialité et la sympathie la plus naturelle entre gens qui s’apprécient et se respectent. Travaillant dans une unité de psychiatrie, je côtoie un nombre important de professionnels différents : infirmiers, assistantes sociales, musicothérapeutes, ergothérapeutes, et bien sûr, psychiatres et psychologues. Nous échangeons quotidiennement ainsi que plus longuement de façon hebdomadaire en réunions et synthèses, ou en privé autour des patients, des situations, mais aussi de nos difficultés parfois partagées avec une situation et cela fait du bien. Et jusqu’à présent je n’ai toujours ressenti que respect, et tolérance les uns envers les autres, vis-à-vis des spécificités et souvent des complémentarités entre les métiers et les approches.

Bien sûr, il nous arrive d’avoir des incompréhensions, des désaccords, et on ne parle pas toujours la même langue et ne voyons pas toujours les mêmes choses dans le même monde. Mais comme avec n’importe quels collègues, et rien qui vienne entraver notre rapport collaboratif au service des patients. Pas de guerres de clochers à l’horizon. On n’a pas le même maillot, mais on a la même passion !

A quoi ressemble une de vos journées type au niveau professionnel ?

J’ai la chance d’avoir un bureau à moi et j’y passe le plus clair de mon temps à voir des patients en entretien individuel, à rédiger des observations concernant ces entretiens, ou alors à lire lorsque j’en ai le temps. Je me rends quotidiennement aux relèves avec les médecins pour échanger sur les patients présents ou les admissions, et de façon hebdomadaire pendant un temps plus long pour des synthèses durant lesquelles nous revenons sur les prises en charge des patients hospitalisés. Il m’arrive parfois de diversifier ces activités avec des animations de groupe, de l’enseignement ou des interventions dans la communauté lors de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale par exemple. Des moments de détentes autour d’un thé ou d’un café dans un espace dédié permettent aussi des fois de se ressourcer et d’échanger avec les collègues.

Par quel canal les patients/clients/usagers viennent vous consulter ?

Les patients que je rencontre sont ceux hospitalisés, souvent suite à un passage aux urgences ou à la recommandation d’un généraliste ou psychiatre libéral. Les patients extérieurs à l’unité me sont envoyés par les autres médecins psychiatres du pôle lorsqu’il y a une indication de TCC, ou délégués par mon chef de pôle.

Y a-t-il un canal d’information privilégié que vous utilisez pour rester informé des progrès en TCC ?

Spécifiquement aux TCC, non. Mais je tâche de rester informé des avancés en psychologie  et psychothérapie au travers de revues comme Cerveau et psycho, ou le Cercle psy. Je projette de m’abonner bientôt à la revue Le Journal des psychologues également. Autrement au travers de livres, d’articles, glanés de-ci, de là, au détour d’une librairie ou d’un surf sur internet…

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui démarre un cursus en TCC ?

Gardez l’esprit ouvert, cultivez votre esprit critique et votre instinct. N’arrêtez jamais de vous poser des questions. Restez curieux du monde et de vos patients à tout instant. N’oubliez pas que les vérités d’aujourd’hui seront les hérésies de demain. « Il faut suivre ceux qui cherchent et fuir ceux qui ont déjà trouvé ».

Auriez-vous un conseil à donner à un jeune diplômé en TCC ?

« Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce ! ».

Du reste, je n’ai que mon expérience, qui est celle d’avoir eu l’extraordinaire chance de trouver un poste à temps plein facilement. Alors que dire sur la persévérance, le doute, ou la déception de devoir prendre un travail alimentaire ou dans un domaine qui nous plait moins pour payer ses factures et continuer à rêver ? Je ne les ai pas connus et si je peux les imaginer, je ne sais pas comment les surmonter.

Je pense que ce qui m’a aidé à trouver vite, c’est que j’étais prêt à la mobilité. J’ai eu un poste loin de chez moi, et je suis parti. Être prêt à cela vous offrira nécessairement plus d’opportunités.

Quant aux débuts dans le métier, j’y suis encore, mais je pense qu’il faut partir à la rencontre de l’autre simplement, en tant qu’humain, avec qui on est, avant d’être psychologue, et avant d’être TCCiste. Ca marche mieux, ça rend disponible et ça enlève un paquet de pression des épaules.

Que pensez-vous de l'initiative de créer ce site internet ?

C’est une très bonne initiative. Le site est qualitatif en terme de contenu, plutôt ergonomique et on voit qu’il y a un travail important derrière, c’est impressionnant de la part d’étudiants et pour ça, bravo à vous. Ma seule critique irait vers le titre. « Apprendre la psychologie ». La TCC est une branche de la psychothérapie qui est une branche de la psychologie clinique qui est une branche de la psychologie. Le titre est peut être soumis à des contraintes de noms de domaines et de référencement, mais en l’état il peut être trompeur pour les visiteurs et je pense qu’il pourrait être un peu plus précis ou alors, le site pourrait élargir son contenu de sorte à mieux porter son nom.
 
Note : suite à cette remarque pertinente,
le titre du site a été modifié en «Apprendre les TCC».

Angeline Riegel - psychologue spécialisée en TCC et en neuropsychologie

Quelle est votre profession et où exercez-vous ?

Je suis psychologue spécialisée en TCC et en neuropsychologie. Je travaille dans un service d’addictologie dans une clinique hospitalière privée. Notre équipe est composée d’un infirmier, d’un médecin addictologue et d’une diététicienne. Nous proposons des consultations ambulatoires gratuites. Nous avons également la possibilité d’hospitaliser au sein de la clinique des patients pour un sevrage. Nous rencontrons des personnes souffrantes de toutes sortes de dépendances : alcool, tabac, cannabis, médicament, héroïne ou cocaïne pour la plupart, mais également troubles du comportement alimentaire ou jeux d’argent pathologique.

Quelle formation avez-vous suivie pour apprendre les TCC ?

Mon cursus professionnel a subi un petit virage puisque j’ai un master de psychologue spécialisée en neuropsychologie. J’ai eu des cours de TCC dans mon cursus, mais je ne me destinais pas à faire des entretiens « cliniques ». Lorsque j’ai obtenu mon premier poste en addictologie je me suis rendue compte que ces compétences cliniques me manquaient et j’ai choisi de me former aux TCC. Me considérant comme une scientifique, c’est l’approche en psychologie qui me paraissait répondre le plus à mes attentes. J’ai suivi une formation professionnelle en 3 ans via l’AFTCC qui m’a couté 4 500 euros et quelques week-end/jours de congés. La durée de la formation m’a paru essentielle (certaines formations se font en 1 an, mais sont plus chères), j’ai eu le temps entre chaque session de cours d’expérimenter, d’évoluer et de me poser des questions. Dès la deuxième année la formation comprenait des journées de supervision qui m’ont beaucoup aidées à apprendre à faire les bons choix thérapeutiques, à être plus à l’écoute de la demande du patient et surtout à être moins pressée de me lancer dans la thérapie sans avoir obtenu la complète adhérence du patient. J’ai également lu énormément d’ouvrages spécialisés dans cette période. Le partage avec mes compagnons de promo, tous issus du milieu « psy », et enthousiastes comme moi pour cette approche, a été très enrichissant et m’a permis de me créer un réseau de collègues TCC dans le Grand Est.

Qu’est-ce qui vous a motivée à apprendre les TCC ?

Comme je le disais c’est d’abord le côté scientifique qui m’a plu. Des protocoles structurés, des études validées et un cheminement « côte à côte » avec le patient. J’avoue que sur le marché du travail j’espérais également tirer une plus value de cette approche montante.

Est-ce que la pratique des TCC est conforme à l’idée que vous en aviez avant de vous former ?

Non, car la vraie vie et les vrais patients ne sont pas si simples ! Un protocole c’est une ligne de conduite mais j’ai toujours eu beaucoup de mal à ne pas m’en éloigner car votre patient rechute, où se fait quitter, où perd son travail et à chaque fois il faut s’adapter et rester empathique et chaleureux, on ne peut pas avancer comme des robots. Bien qu’aujourd’hui cela me paraisse évident, ça m’a perturbé au début car j’avais le sentiment « de ne pas faire juste » et que cette approche n’était au finale pas si carrée que l’idée que je m’en faisais. Mon cerveau me disait  « C’est trop difficile, je ne peux pas le faire. Pourquoi ça ne marche pas ? Ca parait si simple quand je lis le manuel. J’espère qu’il y a un thérapeute compétent pour me dire ce qu’il faut faire dans ce cas. Peut-être que je ne suis pas faite pour ce genre de travail. Je ferais mieux de diriger mes patients vers quelqu’un qui sait ce qu’il fait »… puis j’ai découvert les thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT) et là j’ai eu le bout du puzzle qui me manquait et j’ai pu devenir la psychologue que je voulais être.

Quel est l’outil ou la technique de TCC qui vous semble la plus indispensable dans votre pratique quotidienne ?

Sans hésiter une seule seconde l’entretien motivationnel ! Dans mon domaine c’est la clef de l’accompagnement et elle m’a souvent aidé à débloquer des situations bien embrumées ! J’y raccroche le travail de l’alliance thérapeutique. En ce qui concerne l’évolution du patient l’exposition me semble la technique la plus efficace.

Factuellement, comment s’organisent vos relations avec les autres professionnels de santé et vos collègues « psy » ?

Les collègues médicaux (médecins et infirmiers) sont rassurés par cette approche et la terminologie utilisée qu’ils connaissent et comprennent. J’ai également toujours valorisé le partage d’information avec mes collègues (contrairement à d’autres psychologues, qui sous couvert du secret professionnel ne mettent aucunes notes dans les dossiers et ne disent rien en réunion d’équipe). J’aime le travail d’équipe et le partage des points de vue autour d’un patient, ça m’a toujours beaucoup fait avancer. En ce qui concerne mes collègues « psy », j’ai eu la chance de travailler avec des personnes ouvertes avec qui je partage la passion du comportement humain. Les relations ont toujours étaient très enrichissantes et les débats constructifs.

A quoi ressemble une de vos journées type au niveau professionnel ?

Des rendez-vous toute la matinée puis, fin de matinée, un temps de transmissions écrites dans les dossiers où je me note des pistes pour le prochain rendez-vous. Idem l’après-midi. Quand l’emploi du temps le permet je fais des recherches complémentaires pour certains cas plus complexes ou je me documente sur les nouveautés dans le domaine.

Y a-t-il un canal d’information privilégié que vous utilisez pour rester informé des progrès en TCC ?

Canal 2.0, je suis inscrite sur des groupes (AFTCC, ABCT) dont je vais visiter les pages internet régulièrement. Je suis également des groupes TCC et ACT via leur pages facebook qui relaient les nouveautés : articles, sortie de livre et conférences. J’achète régulièrement des ouvrages spécialisés.

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui démarre un cursus en TCC ?

Se donner les chances de pratiquer le plus tôt possible. On apprend les théories des TCC en cours et dans les livres, mais on apprend à être psychologue sur le terrain.

Auriez-vous un conseil à donner à un jeune diplômé en TCC ?

Ne pas se fermer de portes à cause d’a priori. Je me suis retrouvé à faire un entretien pour un poste en addictologie totalement par hasard sans imaginer que j’y rencontrerai ma passion.

Que pensez-vous de l'initiative de créer ce site internet ?

Que c’est courageux de mener ce projet (dont on ressent le travail derrière) en parallèle des études qui sont prenantes et stressantes. C’est un vrai acte d’altruisme au bénéfice de tous.

Cédric, étudiant québécois en M1 TCC à Strasbourg

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Cédric, je suis québécois et je suis venu en France poursuivre ma formation en psychologie.

Qu’est-ce qui vous a motivé(e) à apprendre les TCC ?

Je dois avouer que ce fut à la base un choix par élimination. Suite à mes 2 premières années de licence au Québec, j’ai été sensibilisé à différentes approches (TCC, Systémique, Humaniste…) et très peu à la psychodynamique. Arrivé en France, je n’avais pas encore « fait mon choix », mais j’ai vite réalisé que l’offre en formation initiale se limitait essentiellement à une formation en psychanalyse ou en TCC. Je m’y suis donc dirigé, tout en sachant que pour moi il n’y a pas de finalité à ma formation et que ce n’était que le début.

Quelle(s) formation(s) suivez-vous/avez-vous suivie(s) pour apprendre les TCC ? 

Je suis donc présentement en première année de master TCC à l’université de Strasbourg. La sélection est à l’entrée du M1, c’est donc une formation de 2 ans donnant accès au titre de Psychologue.

Suite à des congés maternité de deux professeures référentes assurant normalement de nombreuses heures de cours, nous avons eu droit à l’enseignement d’une grande diversité de psychologues cliniciens pour les remplacer. C’est pour moi le principal point fort que je sortirais de ma formation pour l’instant : cette grande variété d’enseignants ayant une pratique clinique, ceci nous permet d’avoir un clair aperçu des différentes réalités professionnelles (différents contextes institutionnels, difficultés spécifiques des différentes patientèles, conseils provenant de différentes expériences professionnelles, ...).

Pour moi, s'il devait y avoir un point faible à ce master, cela serait la difficulté de se former à la recherche pour le moment. Pour ceux qui sont davantage intéressés par la pratique c’est plutôt un point positif, l’approche étant plus centrée sur la clinique. En revanche, pour la recherche, il y a quelques lacunes à l’Université de Strasbourg cette année (en 2017 : pas de possibilité d’effectuer de mémoire recherche, ni de cours de statistique).

L’ambiance dans la promotion est vraiment agréable. Cette petite cohorte de 20 étudiants venant de partout en France ainsi que beaucoup d’internationaux, favorise énormément l’échange entre nous, ainsi qu’avec le corps enseignant. Cela permet de découvrir les différentes pratiques, les différents points de vue ainsi que différentes valeurs. Cette richesse culturelle est très formatrice ! De plus la taille de la cohorte facilite le regroupement en dehors des classes tissant une belle cohésion et ambiance entre nous.

Quelles autres formations comptez-vous suivre ensuite ?

Je me prépare pour l’instant pour un doctorat recherche sur la thérapie ACT. Mais à plus long terme, j’aimerais enrichir ma pratique par l’approche humaniste et peut-être d’une approche de psychologie positive.

Y a-t-il un stage que vous avez effectué et qui vous a particulièrement marqué ?

Chaque stage est une source précieuse d’informations. L’apprentissage qui me marque à chaque fois le plus est la découverte (ou redécouverte) d’un public. Parfois je crois connaître une patientèle, mais plus je passe de temps avec un certain public, plus je réalise que je ne le connais pas !

Il y a tellement de choses que j’ai découvert auxquelles je ne m’attendais pas, que le conseil que je peux vous donner, c’est d’essayer de faire le plus de stages possibles. De plus, je pense que plus longs ils étaient, plus riche j’en ressortais.

Auriez-vous un conseil à donner à un étudiant qui démarre un cursus en TCC ?

L’ouverture d’esprit ! Finalement, je suis heureux d’avoir choisi les TCC, parce que j’y trouve un modèle non exclusif. Je trouve qu’il prête à l’ouverture et à l’intégration d’autres pratiques. Je conseillerai donc de simplement se laisser aller dans ses passions du moment, y approfondir ses connaissances, lire, rencontrer des gens, échanger, pratiquer et conserver son esprit critique et scientifique.

Que pensez-vous de notre initiative de créer un site sur les TCC ?

Je trouve cette initiative formidable ! Je crois que c’est une très belle source d’informations autant pour les futurs étudiants, les étudiants actuels que pour les professionnels. Je souhaite que le site perdure et se développe davantage, ainsi que sa communauté.
 

Journées Régionales des Thérapies Comportementales et Cognitives les 18, 19 et 20 Mai 2017 à Dijon

Journées Régionales des Thérapies Comportementales et Cognitives les 18, 19 et 20 Mai 2017 à Dijon
Ce congrès est organisé en partenariat entre l’AFTCC et l’APTCCB (Association des Praticiens en Thérapie Cognitive et Comportementale de Bourgogne).

 Le thème sera double :
addictions classiques et nouvelles addictions,
apports et pratiques des TCC et nouveaux champs des TCC,
évolution des patients et des lieux d’exercices.

Vous pourrez assister à de nombreuses conférences sur les thèmes de la prise en charge :
  • des enfants,
  • des patients douloureux,
  • des addictions chez les personnes schizophrènes,
  • des dépendances sans substances,
  • des troubles du comportement alimentaires
et bien d’autres...

>>> Voir le pré-programme en détail...
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